L' emballage désigne soit l'action d'emballer soit ce qui sert à emballer. Étymologiquement, c'est mettre en balle, opération effectuée par des emballeurs chargés de grouper les marchandises, les bagages, les biens dans des balles. Aujourd'hui, il n'y a que les fibres qui soient livrées en balles, par exemple la paille du champ à l'étable, le coton déchargé des cargos ou encore les tissus : la soie, le lin…
D'après le décret français 98-638 (transposition de la directive européenne 94/62/CE), « on entend par « emballage » tout objet, quelle que soit la nature des matériaux dont il est constitué, destiné à contenir et à protéger des marchandises, à permettre leur manutention et leur acheminement du producteur au consommateur ou à l’utilisateur, et à assurer leur présentation. Tous les articles « à jeter » utilisés aux mêmes fins doivent être considérés comme des emballages. ».
L’emballage est constitué uniquement de :
l’emballage de vente ou emballage primaire, c’est-à-dire l’emballage conçu de manière à constituer, au point de vente, un article destiné à l’utilisateur final ou au consommateur ;
l’emballage groupé ou emballage secondaire, c’est-à-dire l’emballage conçu de manière à réunir, au point de vente, un groupe d’un certain nombre d’articles, qu’il soit vendu à l’utilisateur final ou au consommateur (par exemple trois sachets de purée dans une boîte), ou qu’il serve seulement à garnir les présentoirs aux points de vente (par exemple, pack de 6 bouteilles d'eau). Il peut être séparé des marchandises qu’il contient ou protège sans en modifier les caractéristiques de conservation ;
l’emballage de transport ou emballage tertiaire, c’est-à-dire l’emballage conçu de manière à faciliter la manutention et le transport d’un certain nombre d’articles ou d’emballages secondaires, en vue d’éviter leur manipulation physique et les dommages liés au transport. Le plus souvent, c'est une palette avec une housse plastique qui regroupe plusieurs colis. L’emballage de transport ne comprend pas les conteneurs de transport routier, ferroviaire, fluvial, maritime ou aérien.
L'emballage est donc surtout ce qui sert à emballer : la matière ou le dispositif qui permet d'isoler un produit de son environnement pour le protéger, le conserver, le transporter ou pour le mettre en valeur à des fins commerciales ou esthétiques
Suremballage et autres définitions
Suremballage de chocolats industriels.Le suremballage consiste à ajouter un emballage à un objet qui est déjà emballé. Le but est souvent marketing ; il peut aussi améliorer la protection (calage antichoc) ou apporter des informations : par exemple un sachet de denrées surgelées est difficile à imprimer ; en le glissant dans un étui, on lit facilement la recette et la composition. De plus, le carton joue un rôle d'isolant, le consommateur n'a pas les doigts gelés, le produit est mieux préservé des remontées de température, le carton verni évite aux boîtes de coller entre elles dans les vitrines réfrigérées. Le suremballage peut aussi faciliter la manutention : étui entourant 12 pots de yaourt ou film groupant 6 bouteilles d'eau. Il peut être facilement éliminé sans gêner l'utilisation finale du produit.
Certaines chaines de distribution ont mis à la disposition de leurs clients des conteneurs permettant de laisser les suremballages inutiles dans le magasin. Le volume de déchets engendré a poussé les distributeurs à faire pression sur les industriels pour réduire le suremballage.
Le sac de caisse peut être considéré comme un suremballage. Le réutiliser pour faire d'autres courses, le même jour ou plus tard, l'employer ensuite comme sac poubelle est un geste pour l'environnement.
Emballage jetable : emballage à usage unique, uniquement destiné à protéger le contenu jusqu'à sa complète utilisation, puis il est éliminé. On privilégiera toujours le tri sélectif des emballages usagés afin de valoriser ces déchets.
Emballage réutilisable : cet emballage peut être utilisé plusieurs fois pour le même usage, après nettoyage éventuel. Le plus souvent, ce type d'emballage est consigné : le consommateur paie une somme d'argent pour l'emporter et récupère cette somme en restituant l'emballage vide. La lourdeur du dispositif, la contrainte écologique du transport d'emballages vides et de leur nettoyage ont considérablement réduit la réutilisation. Désormais, elle se limite essentiellement aux emballages industriels : fûts, caisses spéciales, palettes…
Emballage souple : par opposition à l'emballage rigide, autrefois le sac de jute et maintenant le sachet plastique.
L'Unité de Vente Consommateur (UVC) : c'est l'emballage à l'unité du produit, tel que commercialisé. Il s'agit parfois d'un emballage primaire (ex : un bidon d'huile) mais parfois d'un lot d'articles déjà emballés (ex : un sachet de bonbons en papillote, un lot de 3 balles de tennis…)
L'emballage sous vide : l'oxygène de l'air est un important facteur d'altération des aliments. En faisant le vide, on l'élimine et on favorise la conservation. Pour gagner de la place, des couettes, des parkas peuvent être livrés emballés sous vide. Cette pratique s'est répandue avec le café, les cacahuètes salées… Cependant la viande a tendance à grisailler en l'absence d'oxygène.
L'emballage sous atmosphère modifiée ou atmosphère protectrice : on fait le vide dans l'emballage puis on réinjecte un dosage très précis de gaz très purs, le plus souvent oxygène + gaz carbonique + azote. Ainsi l'oxygène entretient la coloration agréable de la viande. Ce mode de conditionnement gagne du terrain et concerne désormais les sandwichs comme les plats cuisinés ou les fruits secs. Des articles industriels peuvent également être protégés de l'humidité ou de l'altération grâce à une atmosphère protectrice (électrodes de soudure, composants électroniques…)
L'emballage actif modifie l'environnement de l'aliment dans son emballage pour étendre sa durée de vie. Par exemple, les Absorbeurs (d'oxygène, d'humidité, d'éthylène) les Relargueurs d'additifs : anti-microbiens, arôme, etc. les Préparateurs (actions sur l'aliment pour améliorer sa conservation)
L'emballage intelligent est actif avec la particularité de donner de l'information sur la qualité du contenu. Tout d'abord, les indicateurs chromatiques : leur couleur change irréversiblement si la température d'un surgelé est excessive ou mieux si on atteint le couple « temps/température » (dépassement de la DLUO ou de la température de stockage) ; ou encore si la composition gazeuse est modifiée (introduction d'oxygène dans un emballage étanche). Ensuite, les détecteurs actifs, par exemple des emballages transparents qui vont s'obscurcir si la lumière menace la longévité du contenu, comme certains verres de lunettes. L'électronique miniaturisée est déjà présente avec des étiquettes à identification radio (voir radio-identification) pour la traçabilité ou le passage en caisse sans vider le chariot. L'avenir nous promet des étuis à médicaments qui parleront « vous avez déjà prélevé un comprimé tel jour à telle heure… ». Vers les années 2020, certains emballages dotés d'une telle puce électronique transmettront des informations sur la quantité, l'urgence à consommer le contenu… directement au micro ordinateur incorporé dans le réfrigérateur. Grâce à ces dispositifs, le consommateur pourra éditer sur l'écran de sa cuisine une recette qui tiendra compte de ce dont il dispose, tout son stock étant connu sans aucune saisie au clavier ! Les limites actuelles à l'usage des emballages intelligents sont leur coût, les législations en vigueur et les réticences du consommateur (les radio-étiquettes pourraient nuire à sa vie privée).
Marketing et packaging
Evolution du packaging d'une lessive liquide. Pour une même contenance, le bouchon doseur passe de 45 à 120ml, augmentant discrètement la consommation du produit.En marketing, le choix de l'emballage est primordial dans la grande distribution. L'emballage nous est familier car il partage notre quotidien, mais il est loin le temps où les ménagères rentraient du marché avec des produits alimentaires dans de vieux journaux, où le vendeur ambulant servait ses frites dans un cornet de papier plié ! La notion de vente en vrac, à l'unité, à la pesée est désormais marginale et ne concerne plus qu'un état transitoire du produit entre deux types d'emballage : de la simple protection durant les transports, à l'emballage final qui devient pour le vendeur un objet de séduction auprès du consommateur final. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder la publicité télévisée d'un produit, elle présente toujours son emballage durant un court instant voire toute la durée de la séquence. L'emballage est toujours la première vision que l'on a d'un produit...
Bien rares sont les produits aujourd'hui livrés sans emballage. Ils le sont souvent plusieurs fois, avec une technique accrue, afin de satisfaire aux exigences croissantes de la logistique, de la sûreté. Au-delà, l'emballage est porteur de rêve, en stimulant l'attraction pour le produit, il devient moteur de la vente. L'emballage accède même au statut d'œuvre d'art grâce à Christo qui, en emballant le pont Neuf à Paris en septembre 1985, a donné ses lettres de noblesse à cette industrie. Avant cela, c'est au Japon une tradition séculaire, le Furoshiki, de faire de jolis paquets quand on offre un présent.
L'emballage devient un outil de séduction car quelques efforts de design peuvent dynamiser les ventes. Désormais, lorsque les innovations sont difficiles sur le produit, son fabricant le différencie par le packaging. En effet, comment se faire remarquer par exemple parmi tous les choix de lait UHT demi-écrémé ? Par exemple en choisissant une brique aux couleurs voyantes, en offrant une poignée, un bouchon, une bouteille octogonale, etc. Tous les matériaux ont leurs atouts et leur marché. Cela peut facilement se rapprocher de la publicité mensongère, c'est pourquoi nombre d'emballages font figurer la mention "Suggestion de présentation".
L'emballage est la première expression de la marque sur le lieu de vente, c'est le « vendeur muet ». Quand le consommateur saisit un emballage dans un linéaire, en une fraction de seconde il choisit une marque, grâce au logo, à la reconnaissance visuelle du produit. Seul un lien fort entre le produit et la marque peut déclencher l'envie et permet de se différencier des concurrents, voire des copies.
Même dans l'emballage de produits usuels, en particulier alimentaires, on distingue de grandes tendances dans la conception :
la tendance cosmétique : le design joue de plus en plus avec les couleurs jusqu'à créer la confusion avec le haut de gamme et le luxe, il s'inspire des idées des parfumeurs. Certains d'entre eux, à l'inverse, s'inspirent parfois de l'emballage usuel (ex : le couturier Jean-Paul Gaultier avec une boîte de conserve) pour leurs parfums ;
La tendance câline : tandis qu'Internet ouvre des marchés potentiellement planétaires, le local et la notion d'appartenance deviennent des valeurs qui rassurent le consommateur. On met des cœurs là où on s'y attend le moins (eau minérale, glace), des fleurs sur le papier hygiénique, on fait appel à des designs anciens pour rappeler l'emballage de notre enfance. La douceur est un rempart et un repère culturel fort dans un monde où l'avenir est parfois incertain,
la tendance autrefois : non au gigantisme, à la mondialisation. Les marques s'humanisent en prônant l'artisanal, le terroir. Cette notion, qui rassure et éveille la mémoire, est utilisée pour remettre en avant des produits présents depuis longtemps voire lancer de nouveaux produits évoquant un temps plus ancien pour rappeler les étiquettes de notre enfance. Dans l'emballage, cela se traduira par l'emploi du papier, du bois, du grès (ou imitations).
la tendance pratique : se distinguer en offrant à l'utilisateur le plus qui rend l'emballage pratique, par exemple la boîte à fromage qui fait cloche de présentation, l'assouplissant en flacon avec poignée et bouchon doseur… L'individualisation des conditionnements fait partie de cette adaptation,
la tendance événementielle : les encres thermochromiques qui signalent la température du produit, les images (bouteilles de cocktail) qui n'apparaissent que dans la lumière noire des discothèques, l'impression holographique qui changent la vision selon l'angle d'observation…
Parfois les entreprises joignent, avec le produit, des cadeaux ou des bons de réduction pour que cela tente plus les clients. Cette pratique s'intitule co-packing.
Extrait de Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Emballage
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